« …Tirez moins. Ressentez plus… » — Jason M. Peterson
Nos Concours Black & White 2026 Le concours est désormais ouvert aux candidatures et sera jugé par Jason M. Peterson, artiste de renommée internationale basé à Chicago. Figure emblématique de la photographie monochrome contemporaine, Peterson a consacré des décennies à perfectionner un langage visuel caractérisé par une géométrie audacieuse, des contrastes tonaux saisissants et une charge émotionnelle intense.
Un éclair unique déchire le ciel de Chicago, frappant la cime d'une tour solitaire d'une blancheur éclatante. La silhouette des gratte-ciel environnants se dessine presque en contre-jour, le lac en contrebas se teintant d'un gris sourd. C'est un moment rare et intense – une collision de drame, d'échelle et de contraste – et pourtant, à travers l'objectif de Peterson, l'éclair frappe avec une telle clarté et une telle précision qu'il semble moins relever du hasard que d'un instant qu'il était prêt à saisir.
Bien qu'il soit aujourd'hui reconnu par des millions de People sur les réseaux sociaux pour son style photographique unique, ses premiers pas avec un appareil photo ont été influencés non pas par des photographes, mais par l'esprit indépendant de la musique hardcore américaine.
Il a touché un appareil photo pour la première fois en seconde, attiré par la chambre noire de son lycée, où la photographie lui offrait le même sentiment d'autonomie qu'il ressentait en jouant dans des groupes de musique indépendants. « L'indépendance m'a attiré vers la photographie », se souvient-il, « la possibilité de créer quelque chose entièrement selon mes propres termes. » Bien qu'il ait toujours abordé ce médium avec sérieux, ce n'est qu'aux débuts de Tumblr, Flickr, puis Instagram, que son travail a commencé à attirer l'attention du grand public, marquant le début d'une trajectoire qui allait faire de lui l'une des voix les plus passionnantes de la scène artistique actuelle. photographie en noir et blanc dès aujourd’hui.
Il continue de puiser son inspiration davantage dans la musique que dans la photographie. Pour lui, l'émotion est la condition première d'une image ; s'il ne ressent rien en la créant, il est convaincu que personne d'autre ne le ressentira. La musique lui ouvre la voie vers cet état d'absorption. Pourtant, un photographe a marqué profondément ses débuts : Harry Callahan. Une image unique, d'une sobriété typique, de ce pionnier de la photographie américaine, représentant une ruelle du Chicago des années 1950, l'a hanté pendant des décennies. Une image dont il admet avoir cherché à égaler la puissance tranquille depuis lors.
Les œuvres de Peterson sont presque exclusivement monochromes, un choix à la fois pratique et artistique. Daltonien depuis l'enfance, il ne s'est jamais senti capable de photographier ou d'étalonner les couleurs, mais il rejette également l'idée du noir et blanc comme une esthétique nostalgique ou réductrice. Il perçoit plutôt son travail comme un équilibre entre le graphique et le photographique, une distillation de la forme, de la lumière et de l'émotion. L'absence de couleur n'est pas une limitation, mais une clarté, une manière de réduire une image à ses éléments essentiels.
Malgré la précision de ses compositions, sa démarche est instinctive. Il photographie avec ce qui lui tombe sous la main – téléphones, drones, tout ce qu'il transporte – guidé par une attirance immédiate pour une structure, un rayon de lumière, une scène qui le hante. « Je me plonge dans un état de concentration intense, je ne peux plus bouger ni penser à rien d'autre tant que je n'ai pas pris la photo », explique-t-il. Un appareil photo reste cependant immuable : le Leica Q2 Monochrom, un outil qu'il emporte partout avec lui.
Sa maîtrise de la palette monochrome a fait de lui un choix évident pour notre Prix Noir et Blanc. Bien qu'il apporte à ce rôle la même sensibilité qui caractérise son propre travail (il affirme qu'il recherchera avant tout la résonance émotionnelle : si une image le touche, elle est réussie), il mentionne également qu'il est souvent plus attiré par les œuvres qui s'écartent de son propre style, intrigué par les photographies qui ouvrent des perspectives au-delà du langage visuel qu'il a perfectionné pendant des décennies.
Son intérêt pour la résonance émotionnelle et son ouverture aux approches inattendues ne sont pas seulement un critère d'évaluation, mais un principe qui guide son propre travail et inspire les conseils qu'il prodigue aux photographes émergents : « Photographiez moins. Ressentez plus. Trouvez votre propre voix. » Ces conseils reflètent son évolution, façonnée par l'intuition plutôt que par les tendances, et par une foi inébranlable dans le pouvoir d'une perspective unique et authentique.
Toutes les images © Jason M. Peterson